En m’interrogeant sur l’influence de l’éducation et de la culture d’un pays dans la conduite du changement, j’ai découvert le livre de livre de Christian Baudelot : L’élitisme républicain : L’école française à l’épreuve des comparaisons internationales.
Ce livre relève que la France souffre de son élitisme : une culture du classement et de l’élimination. L’école française reste figée dans ses idées du 19eme siècle dont le but n’est que de distinguer une petite élite.
Parce que le système français s’auto alimente sur la base d’un noyau d’élites, la France perd de sa compétitivité sur le plan international. Je suis convaincu que l’innovation, le progrès et le changement ne peuvent être que le fruit du brassage et du métissage des différences. La France s’appauvrit et progresse moins vite parce qu’elle ne cultive ni encourage la différence.
J’ai pour cette raison analysé les parcours de nos dirigeants : bien évidemment, les plus grandes entreprises françaises sont sous la domination des énarques et polytechniciens qui pour nombre d’entre eux associent politique et entreprise. Inversement, diversité et méritocratie semblent deux critères fondamentaux dans les plus grandes entreprises mondiales.
Il ne faut pas être surpris de l’échec des rafales et plus récemment du contrat nucléaire d’Abu Dhabi. Quelles que soient les réelles raisons de cet échec, on ne peut que constater que la France s’est embourbée dans une bouillie politico bureaucratique entre Areva, GDF Suez, Areva et Total. Là où un conglomérat Franco-français échoue, un conglomérat Americano-coréen réussit…
Que nos énarques et nos polytechniciens aient des idées c’est bien, savoir vendre et faire c’est mieux. Mais pour cela, il faudrait d’abord changer les états d’esprit. La réussite d’un individu ou d’une entreprise n’est pas corrélée avec le diplôme de son dirigeant.
Je souscrit à votre analyse. J’ai travaillé chez un grand industriel français des Télécoms où j’ai clairement senti un effet de caste : si on n’était pas X-Telecom, pas d’avenir.
L’énergie de cette élite se trouvait clairement orienté sur sa compétition interne en cercle fermé : j’ai vu un directeur refusé un projet d’amélioration au motif que les effets ne serait perceptibles qu’au bout de deux ans et qu’il espérait bien avoir été nommé à un poste plus prestigieux avant en faisant des investissements à plus court terme.
J’ai vu également l’incompréhension des dirigeants italiens expérimentés d’une entreprise rachetée face à nos directeurs d’à peine plus de trente ans voulant imposer leur vision stratégique (brillante mais décalé par rapport à la réalité du moment).
Sans compter sur les méfaits du “Fast Track” qui propulse des gens brillants mais inexpérimentés (et souvent arrogants) à des postes de responsabilité.
http://alberthermann.wordpress.com/2010/01/30/les-mefaits-du-fast-track/#more-68
Bonjour, merci beaucoup pour votre commentaire et votre lien. Effectivement, je pense que c’est un profond problème bien ancré dans la culture et dans la société française. J’espère qu’à force de courage et de persuasion, ces influences pourront se diluer. Les talents sont partout et il est ridicule de croire qu’ils se nichent dans une minorité.
Cordialement.
[...] On peut voir là aussi un méfait de l’élitisme à la française. [...]