J’ai découvert récemment ce livre de Honoré de Balzac: physiologie de l’employé.
Vers 1840, les physiologies, précurseurs des livres de poche, rencontrent un vrai succès. Littérature facile et amusante, peu chère, les physiologies analysent les mœurs de l’époque.
Dans la physiologie de l’employé, Balzac établit la première analyse de la bureaucratie.
Il charge contre cette «force d’inertie» qui empêche ou repousse les décisions indispensables au lieu de les favoriser.
On réalise que les employés de bureaux sont déjà au cœur des discussions et que, pour Balzac, le terme « bureaucratie » est extrêmement péjoratif : « attachement absurde à la lettre des règlements », « rémora de l’industrie et du progrès », « pouvoir gigantesque mis en mouvement par des nains »… Balzac dénonce dès 1830 ce que tous les sociologues modernes continuent de dénoncer : la rigidité, les règlements absurdes, la hiérarchie inébranlable, le népotisme et le ritualisme mécanique.
La physiologie de l’employé a bien évidemment un caractère polémique.
170 ans plus tard, les anecdotes glissées dans ce pamphlet demeurent très actuelles…
A lire absolument !